mardi 27 décembre 2011

Nouveautés sur Nader


Comme depuis quelques semaines, Aylal se déplace dans la région au sud de l'embouchure de l’oued Massa, toujours au sein du Parc National de Souss-Massa. Nader, quant à lui, est dans la partie nord, mais entre le 24 et le 26 de décembre il s’est déplacé plus au nord encore, dans les environs de Taghazout. La précision de son émetteur ne nous permet pas de savoir exactement où, mais l'étroite bande côtière au nord d'Agadir à Tamri est très important pour cette espèce à certains moments de l'année.
Néanmoins, Nader est rentré le même jour 26 il est rentré à la région autour de l'embouchure de l'oued Massa.

lundi 19 décembre 2011

Localisation d'Aylal et Nader pendant la première moitié de décembre

Depuis le début du mois de décembre, Aylal et Nader continuent au sein du Parc National de Souss-Massa. Ils sont, néanmoins, séparés, à en juger par les données reçues de leurs transmetteurs. Nader se trouve dans la partie nord du PNSM tandis qu’Aylal est dans la moitié méridionale du parc, au sud de l’embouchure de l’oued Massa. Les données de terrain nous montrent que les ibis se regroupent maintenant dans des volées d’une trentaine d’individus. 

lundi 12 décembre 2011

Etat des connaissances de la dernière population d’ibis chauve ( Geronticus eremita ) en Algérie

Une contribution par Melle Amina FELLOUS 
 Agence Nationale pour la Conservation de la Nature

L'ibis  chauve est des espèces d'oiseaux les plus rares et les plus menacées, c'est  une espèce en  état critique d'extinction au niveau mondial selon  les catégories de la liste rouge  de l'UICN.
  
Causes de régression au niveau mondial :

Les principales causes de déclin des populations d'ibis chauves sont :

-La persécution directe par l'homme particulièrement en Europe centrale, par le prélèvement des œufs.
-L'utilisation  des pesticides utilisés dans la lutte antiacridienne, particulièrement au Maroc ainsi que  des produits à base de DTT comme cela s'est produit en Turquie.
-La perturbation et destruction des aires de gagnages par l'intensification des activités agricoles, ainsi que l’assèchement des lieux d'abreuvements ( zones humides ) en milieux arides et semi arides.
-La perturbation et perte de la quiétude au niveau des sites de reproduction.

Données actuelles de l’ibis chauve en Algérie :

L'Algérie avec le Maroc faisait partie il n'y a un peu plus d'une décennie  d'un des derniers bastion de l’existence de l’ibis chauve en Afrique du Nord.
Quelques rares références  font état du statut actuel de l’ibis chauve (Geronticus eremita)   en Algérie.
La grande majorité des données recueillies datent pour la plus part des années cinquante en zone semi aride,où une dizaine de colonie était signalée pour l'Algérie.
La dernière colonie ayant survécu  jusqu’au début des années 1990s,  a été découverte en 1974 dans le sud ouest algérien, précisément dans la région d'El Bayadh .
( voir carte)

Distribution historique de l'Ibis chauve en Algérie

Une recherche assidue a été entreprise depuis 2000, 2002, 2004   sur site avec la collaboration de l’Unité de Conservation et de Développement (UCD)  d’El Bayadh  afin d’établir les principales causes de disparition de cette colonie, ainsi que la recherche de sites potentiels de nidification dans la région.

Une enquête a été lancée dernièrement auprès des populations locales afin de recueillir le maximum d’informations possibles sur cet oiseau vénéré dans la région tout en ayant comme perspectives :

-         La mise en place d’un plan d’action national de réhabilitation, évaluant de manière objective et scientifique la situation actuelle de cette espèce  en Algérie.
-         Sa possible réintroduction dans son milieu naturel en accord avec les recommandations du groupe international de recherche sur l’ibis chauve,
-         Ainsi que son utilisation comme  porte drapeau symbolique de la steppe  dans le domaine de l’écotourisme, valorisant autrement  cette région  qui est déjà à vocation  totalement pastorale.

Quelles sont les données nouvelles issues du questionnaire ?

Notre questionnaire  (toujours en cours) englobant plus d’une vingtaine de questions, ciblait  comme interlocuteurs principaux les personnes âgées  ou les anciens des principales tribus de la région d’El Bayadh, les Ouled Aissa, Zwa, et Ouled Moumen, vivants aux alentours ou à proximité directe avec l’ancien site de nidification.
Les principales questions traitaient de :
-         la connaissance de la distribution ancienne et /ou récente de l’espèce
-         la biologie de l’espèce selon les observations des personnes interrogées, précisément, les périodes d’arrivées, départs, utilisation des zones de gagnages,…
-         Les principales causes de régression supposées, prédations, chasse, maladies, sécheresse,…

Premiers résultats :

La donnée la plus originale est l’observation en automne de l’année 2005 de 2 individus en vol, au lieu dit Theniet Ouled Moumen à quelques deux kilomètres à vol d’oiseau du dernier site de nidification signalé à El Bayadh. Déjà en 1996, il nous a été signalé (sans confirmation) l'observation de trois individus dans la région de Labiodh Sidi Chikh située à une centaine de kilomètres au Sud de l'ancienne colonie. 

Habitat très favorable dans les alentours du dernier site de nidification
Symbolique   de l’espèce :

Pour les anciens des tribus consultés, l’ibis chauve reconnu sous la dénomination d' Aicha El Garaa, Aïcha la Chauve, confirme déjà la valeur symbolique de religiosité de cette espèce  dans la région , il nous a été aussi signalé le choix délibéré de l’emplacement des nids en direction de la Mecque. L’ibis chauve a toujours existait parmi les populations locales, sa présence  parmi  les populations locales avait la valeur de porte bonheur, symbole de paix et de sérénité.

Estimation des effectifs :

D’après les informations recueillies, les colonies existantes étaient composées de 300 à 400 individus, les premiers déclins ont été notés à partir des années 1950s.
Les derniers individus de (12 à 18 spécimens) y  ont été signalés vers  la fin des années 1980s.
Les derniers ibis chauves photographiés en Algérie, à El Bayadh, printemps 1985 (photo  Koen De Smet)

Biologie de l’espèce :

Les dates d’arrivées correspondaient à la fin de l’hiver (février, début mars) et les départs étaient observés dés la fin de l’été.
Les  juvéniles arrivant avec les adultes et repartaient avec eux.
Les départs et arrivées se faisant en vol groupé et massif.
Peu d’informations nous ont été données quant à la biologie de la reproduction de cette espèce sur le début ou la fin de la période de reproduction, du nombre d’œufs pondus ou de jeunes éclos.
Les zones de gagnages étant toujours à proximité des lieux de nidification où des  points d’eau existaient aussi non loin de ces lieux.

 Causes de régression :

Parmi les principales causes du déclin de cette espèce dans la région, il nous a été signalé :
-La chasse directe et le tir des oiseaux par les soldats de l’armée française à l’époque coloniale,
-La perduration de la période de sécheresse dans la région durant les années 1980s,
-La cause divine est une des mentions les plus cités, au vu de la valeur symbolique de la paix et de la prospérité de cette espèce, il est intéressant de relever les pertes des effectifs à des périodes du début de la lutte de libération et de la période de trouble qu’a connu notre pays.

Dernier site de nidification
D’autres causes possibles de déclins ont été aussi proposées, mais n’ayant pas eu l’approbation des personnes interrogées, notamment :
-         L’effet de la prédation sur les nichées
-         Des maladies ou infections ayant touchées les oiseaux
-         La perturbation  et la perte de la quiétude par l’utilisation d’un lieu d’ermitage et de recueillement par quelques érudits au sein même du lieu de nidification
-         L’utilisation supposée de produits phytosanitaires à base de DTT ou de produits antiacridiens
-         La perte des aires de gagnage par l’utilisation du pâturage extensif
-         L’impact des nouvelles exploitations agricoles dans les environs immédiats de la dernière colonie d’ibis chauve.

La dernière question posée quant à la possibilité de la réintroduction de l’ibis chauve dans leur région, toutes les réponses données étaient positives, certains même s’étant proposés  pour être désignés comme protecteur de ces oiseaux comme l’ont fait leurs aïeuls l’avaient fait   auparavant.

Conservation et réhabilitation de l’ibis chauve en Algérie :

Bien que l’ibis chauve figure dans la liste de l’ordonnance présidentielle n°06-05 du 15 juillet 2006 relative à la protection et à la préservation de certaines espèces animales menacées de disparition récemment adoptée.

Très peu de données le concernant existent à l’heure actuelle, à la lumière des informations issues de ce premier questionnaire ciblant particulièrement l’ibis chauve au niveau de la dernière colonie connue en Algérie, aucun plan d’action national de sauvegarde n’a été initié jusqu’à l’heure actuelle.


 Il serait grand temps d’y remédier en mettant en place un projet de conservation et de réhabilitation de cette espèce menacée, avec une planification des axes de recherches prioritaires, dans la connaissance des principales contraintes et causes de régressions dans son aire naturelle de distribution .

-Des  investigations plus poussées devraient être cadrées et précisées pour la recherche d’éventuels sites potentiels de nidification.
-Des actions concrètes  au profit de l’ibis chauve, peut être par la mise en réserve du dernier lieu de nidification pouvant être réutilisé pour une éventuelle réintroduction avec l’appui et la collaboration des populations locales

Une collaboration scientifique avec les laboratoires, institutions spécialisées, administrations locales, ONG locales, associations nationales ou internationales ( UICN, IAGNBI, BirdLife, …) oeuvrant ensemble pour la concrétisation des efforts de conservation de l’ibis chauve en Algérie à la lumière des dernières données optimistes du retour discret de cet emblème de la paix pour cette région et pour l’ensemble du pays.

-         Des actions de sensibilisations restent encore a être menées à l’échelle locale et nationale afin d’accroître l’intérêt du grand public sur cette espèce par la diffusion de dépliants, d’affiches, de tables rondes,….
-         Son utilisation comme  porte drapeau symbolique de la steppe  dans le domaine de l’écotourisme, valorisant autrement  cette région  qui est déjà à vocation  totalement pastorale n’est pas aussi à négliger.
-         Par cet oiseau symbole, pourrait être stimulé de nouvelles vocations pour de jeunes naturalistes, et pourrait être utilisé comme initiateur à l’ornithologie au niveau local, régional et pourquoi pas national.

Principales références :

BELLATRECHE,M. 1994: Données nouvelles sur l’avifaune algérienne. Alauda, 62 (3): 136-138.
COMINARDI, F.1993 : Contribution à la connaissance des oiseaux des monts des Ksours.
(unpublished document)
FELLOUS, A.2004.A short review of the historical distribution of the Northern Bald Ibis
 ( Geronticus eremita)  in Algeria.in the International Advisory Group on the Northern Bald Ibis  ( IAGNBI) newsletter 3( Boehl, C. Ed.) 48-49
ISENNMAN, P. & A. MOALI .2000: Oiseaux d’Algérie/Birds of Algeria. SEOF. Museum d’Histoire Naturelle de Paris.336p
LEDANT, JP. JACOB, JP., JACOBS, P., MAHLER, F., OCHANDO, B.& J. ROCHE.1981: Mise à jour de l’avifaune algérienne. Le Gerfaut 71: 295-398.

 Remerciements :

A titre postume à  feu Mrs N Benalia, N Mammeri, Hadj Ahmed Rahmani. 

Et aux collaborateurs de l’UCD d’El Bayadh:Hamzaoui M,Deghmiche M, Belkheir S,Mokadem A & M.Chaachouou.



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Note: Entre décembre 2004 et mars 2005 il y a eu des observations d'ibis chauves non bagués à Avila et à Cáceres, Espagne, mais l'origine des oiseaux est discutable.

jeudi 8 décembre 2011

Aylal et Nader au Sud du PNSM

Depuis la moitié du mois de novembre, nos ibis se sont plus ou moins établis dans la partie sur du Parc National de Souss Massa, avec des sorties sporadiques dans une région côtière plus au Sud de l’espace protégé. Dans la dernière semaine de ce mois, les deux se sont établis dans un dortoir au sud de l’embouchure du oued Massa. Toute l’aire méridionale du parc est constituée par des falaises dans la plupart inaccessibles où les ibis trouvent facilement des corniches pour passer la nuit. Les deux oiseaux se nourrissent dans l’aire avoisinante sans trop s’éloigner du dortoir.

mercredi 23 novembre 2011

Mis au jour sur Aylal


Aylal continue à fréquenter des sites de plus en plus au sud. Cette fois-ci, il a passé le 20 Novembre dans une zone côtière à quelques 20 km au sud d’Aglou, la limite sud du parc national de Souss-Massa. Puisqu'il s'agit d'une espèce gregaire, les informations fournies par Aylal sont très intéressantes au niveau populationale et non seulement individuel. Pour passer la nuit, il est revenu au même dortoir qu’il avait récemment utilisé sur une falaise escarpée dans le parc national.

lundi 14 novembre 2011

Opération de marquage des Ibis Chauve au Parc National de Souss Massa


14 novembre 2011 : Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification a procédé à une opération de marquage d’ibis chauve, au Parc National de Souss Massa, soutenue par des membres de la Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife), la Fondation "Prince Albert II de Monaco" et le Zoo de Dublin, assistée par des experts de capture et baguage des oiseaux du Ministère de l’Environnement espagnol.

Cette opération a pour objectif d’améliorer les connaissances sur la migration et la dynamique des populations de l’ibis chauve et d’assurer le suivi de leur dispersion postnuptiale. Le but est d’identifier les sites fréquentés au Maroc pour mettre en place des actions de conservations ciblées sur les sites en question et assurer les conditions nécessaires au maintien et à la reproduction de cette avifaune en vue de préserver cette espèce menacée.

Le parc de Souss Massa, créé en 1991 abrite la seule population sauvage viable à travers le monde. A ce titre le Haut Commissariat a entrepris des actions de restauration et de préservation de cette espèce tel le programme de recherche relatif au suivi-surveillance de la reproduction et de la dynamique des populations de cette espèce en partenariat avec la Société Espagnole d’Ornithologie (SEO/BirdLife). Ces efforts ont permis la réhabilitation d’une population de 500 individus d’ibis chauve actuellement dans ledit parc, alors qu’elle ne dépassait les 250 individus en 1994.

Il est tenu de signaler que le HCEFLCD mène des opérations de préservation de la biodiversité dans le cadre de son plan décennal (2005-2014), telle la création de parcs naturels, de réserves biologiques et la délimitation de plus de 150 Sites d’Intérêt Biologique et Ecologique, d’une superficie dépassant les 2,5 millions d’ha, faisant l’objet, sur une échelle de priorité, des plans d’aménagement et de réhabilitation, pour la protection des espèces et la restauration de leur écosystèmes naturels.

vendredi 11 novembre 2011

Mouvements d'Aylal

Aylal, l'oiseau adulte équipé avec le transmetteur GPS, a fait une escapade à la colonie de Tamri le dimanche 30 d'octobre. Il a passé la nuit là bas et rentré le jour suivant au Parc National de Souss Massa National ParkNader n'as pas suivi son parent, ce qui confirme que, même si les oiseaux partagent l'espace d'alimentation et aussi les dortoirs, ils sont déjà indépendants. 



Grâce à des contacts consécutifs, on peut affirmer qu'il est arrivé à faire des moyennes de 30 km/h. C'est le point plus au nord atteint par un des ibis depuis leur capture, pendant le mois de juillet.
Après son retour, Aylal a commencé à se déplacer vers le sud, de plus en plus loin, mais il rentrait pour dormir au site habituel. Cependant, le matin du 5 novembre, il est arrivé vraiment au sud, près des limites méridionales du parc où il a passé encore la nuit. 
Ces mouvements d'Aylal nous fournissent d'une information précieuse sur le comportement de l'espèce et nous anime à continuer le baguage de plus d'oiseaux dans le futur
Nader a été moins aventureux et il ne s'est déplacé ni au nord ni au sud de l'aire qu'il occupe dernièrement, dans la partie nord du PNSM

jeudi 18 août 2011

Évolution de la population occidentale d'ibis chauve


Lors des premiers recensements au début des années 1980, la population d’ibis chauves dans la région de Tamri et Souss-Massa avait un caractère très erratique et variable, avec une tendance à la baisse.

Sur le graphique, il manque quelques années, pour lesquelles nous n’avons pas de données relatives à l’un des deux noyaux de population, soit celui de Tamri, soit celui de Massa.


Il apparaît qu’après la création du Parc national de Souss-Massa, en 1991 (flèche bleue), la tendance commença à changer et il se produisit un accroissement notable de la population. Cette tendance s’interrompit brusquement en 1996 (flèche rouge), parce que 38 oiseaux adultes moururent, pour une cause inconnue.

Comme nous l’avons déjà indiqué, le niveau des populations ne se rétablit pas avant 2003. La ligne de tendance sur le graphique montre une tendance positive sur les 20 dernières années.





vendredi 29 juillet 2011

Deux ibis chauves seront suivis par satellite

Le projet de conservation de l'Ibis chauve vient d'équiper deux individus avec des émetteurs satellitaires. Cette activité a été possible grâce à la coopération entre le Haut Commissariat des Eaux et Forêts et de la Lutte contre la Desertification et SEO/BirdLife, avec las participation d'autres organismes. Un adulte portera un émetteur, offert par le zoo de Dublin et le jeun un autre offert par la RSPB. Les deux émetteurs disposent d'un système d'alimentation solaire pour augmenter leur vie utile

Cette activité est considérée prioritaire dans les Plans d'Action de l'espèce, aussi bien l'international que le national et a été pertinemment autorisée et encadrée.


Un spécialiste en manipulation de faune sauvage de la Dirección General de Medio Natural y Política Forestal du Ministerio de Medio Ambiente y Medio Rural y Marino, s'est déplacé à Agadir pour nous appuyer dans cette mission pour laquelle on a employé des pièges spécialement dessinées pour l'espèce et l'habitat sans risque pour les oiseaux. L'équipe du programme Maroc de BirdLife International était aussi présente avec le personnel du Parc National de Souss Massa. On a eu l'appui précieux des gardiens du projet que, grâce à leur expérience et au suivi réalisé pendant les semaines préalables, nous ont fourni avec les données nécessaires pour choisir le meilleur endroit pour la capture.
Le 19 juillet le premier oiseau a été capturé, dans un site au nord d'Agadir. Il s'agit probablement d'une femelle adulte qui a été libérée sans problèmes avec un émetteur GPS de 30g. À l'aube, Mahdi Boujmâa, un des gardiens, nous a confirmé que l'oiseau avait passé la nuit au dortoir et qu'il ne montrait aucun souci par rapport à son nouvel accessoire. 
Au jour suivant, les efforts se sont dirigés vers un autre site, à coté de l'embouchure de l’oued Tamri, mais sans succès. Les ibis qui avaient passé la nuit pas loin de ce site ont poursuivit leur chemin vers le sud, probablement dans l'endroit de la capture de la veille. 
Conséquemment, le 21 juillet ont s'est disposé pour une nouvelle capture dans le même site. Les ibis avaient l'aire plus méfiante et on a passé une bonne partie de la matinée à essayer de les capturer, sans succès. L'ibis qu'on avait capturé et équipé de l'émetteur était intégré au group et ne semblait pas être dérangé par l'appareil. Sur la photo on peut l'observer en train de se nourrir normalement. 
Aylal, à la chasse (Photo Víctor García Matarranz)
On peut observer parfaitement l'antenne de l'émetteur et, autour de la patte appuyée sur le sol, la bague de PVC pour permettre l'identification à distance. 
Avez-vous vu sa proie ? Regardez sur cette ampliation comment a t'il prit le scorpion par l'aiguillon. Il s'agit, sans doute, d'une technique apprise dans sa jeunesse ce qui montre, probablement, l'importance de l'apprentissage dans le comportement de ces oiseaux. On avait passé une partie de la matinée assis sur le sable !! 
(Photo Víctor García Matarranz)

En fin, on arrive à attraper un autre ibis. Il s'agit d'un jeun né cette année.  
Sur la photo, notre chargé de conservation, Adel Abouajaja, en train de libérer Nader (Photo, Víctor García Matarranz)
L'adulte a été nommé Aylal, "oiseau" en Amazigh et le jeune, Nader, "rare” en arabe, montrant le caractère menacé de l'espèce. 

Pendant qu'on installait l'émetteur sur le jeune ibis, tout le group, d'une vingtaine d'individus, attendait dans les alentours. Lorsque Nader a s’est levé dans le ciel, tout le reste s’est mis à voler pour attirer son attention et le rejoindre. Il été touchant le fait que tout le groupe restait à l'attente du jeune pour s'assurer qu'il ne souffrait rien de mauvais. Ceci nous a montré, encore une foi, le fort caractère social de l'espèce.

Deux jours plus tard, Boujmâa nous appelle pour nous dire qu'Aylal avait donné à manger à Nader. En conséquence il est fort probable qu'il s'agit d'un de ses parents, probablement la mère. Cette circonstance va sans doute nous permettre de connaître des aspects de la vie familiale de l'espèce. 
Prochainement on va continuer à communiquer des informations fournies par Aylal et Nader.
Mohammed EL Bekkay (directeur du PNSM), Victor Matarranz (spécialiste à la gestion de la faune du MMARM), Adel Bouajaja avec Aylal (chargé de la conservation), Widad Oubrou (biologiste responsable de la recherche et le suivi au PNSM) et Imad Cherkaoui (représentant du Programme Maroc de BirdLife International)


samedi 2 juillet 2011

L'ibis chauve en philatélie

L'impact visuel et symbolique de l'ibis chauve est indéniable. Plusieurs pays et territoires ont publié des timbres avec l'image de l'ibis chauve.


Parmi ceux-ci, il y a des pays avec des populations reproductrices, comme le Maroc (un des timbres les plus anciens, de 1975) et, jusqu'à récemment, la Syrie (2004, après la redécouverte de cette population), et la Turquie (1976), où il existe une population en semi-captivité.


L'Algérie (1982) et l'Autriche (2006, lors du lancement de projets de réintroduction) ont formé partie de leur aire de distribution et, dans cette dernière, un projet de réintroduction est en cours actuellement

 

Le Soudan (1991) et le Yémen (1966) ont formé partie de l'aire d'hivernage de la population orientale, étant le yéménite le plus ancien de tous.

. 

Le territoire de l'île de Jersey (1979) a aussi dédié un timbre à cette espèce dans une édition consacrée au Durrell Wildlife Conservation Trust.

 

Un autre timbre autrichien a été édité lors des 750 anniversaires de la fondation de la ville de Waidhofen, avec une image de la page principale du livre de la ville (Stadtbuch).


Aussi la numimatique s'est inspiré sur cette espèce. En 2001 la Turquie a frappé une pièce commémorative de 7,5 millions de lires, avant la dévaluation de la monnaie turque.




 

mardi 28 juin 2011

Dortoir

Dans ce vidéo on aperçoit la grande concentration d'ibis chauve  dans un seul dortoir à l'interieur du PNSM. Pendant quelques mois, la grande majorité des ibis de la région se concentrent ici, souvent plus de 300 individus, ce qui fait que ce soit un des sites les plus critiques pour la conservation de cette espèce dans le monde.


Pendant la saison de reproduction, les ibis chauves utilisent des aires d'alimentation suboptimales. Les meilleurs zones se trouvent près de ce dortoir ce qui demontre l'attraction pour un tel site. 

Grâce au travail de l'administration du PNSM, au travail devoué des gardiens et aux projets de développement durable réalisés avec la population locale, ce dortoir a pu être preservé, ainsi que beaucoup d'autres sites essentiels pour l'espèce.

mercredi 8 juin 2011


 L'ibis est une espèce cataloguée comme en danger critique par l'UICN.
Le projet ibis chauve de SEO/BirdLife rend possible le maintient d'une patrouille de gardes permanents dans les deux derniers sites naturels de l'espèce: le parc national de Souss-Massa et la région Tamri, Maroc. Ces gardiens surveillent les colonies de reproduction et les sites de gagnage et les données recuillies sont, ainsi, essentielles pour la conservation de l'espèce.



mercredi 25 mai 2011

Miniguide des oiseaux du PNSM


On a édité récemment un miniguide avec plus d'une centaine d'oiseaux caractéristiques du Parc National de Souss-Massa.

Depuis l'autruche au bruant proyer, le guide inclut des espèces et sous-espèces endémiques du Maroc, comme le rouge-queue de Moussier, le mésange bleu maghrébin ou le pinson des arbres africain. Des autres, comme la grue cendrée, trouvent à Souss-Massa le point extrême de leur distribution ou, comme l'ibis chauve, se trouvent parmi les espèces les plus menacées du monde.

Le guide, publié en français et anglais, cible un public non spécialisé.


La publication, réalisée dans le cadre d'un projet de l'AECID, illustrée par Juan Varela, se trouve disponible en ligne.

jeudi 28 avril 2011

Développement durable au PNSM

Le Parc National de Souss-Massa est situé au Sud du Maroc aux environs de la ville d’Agadir. Il s’agit d’une bande côtière d’environ 8 km de large et à peu prés 80 km de long. Ce parc fut crée en 1991, essentiellement, au fait qu’il abrite la dernière colonie sauvage de l’Ibis Chauve, espèce cataloguée en danger critique par l’UICN.

                                                                  



L’engagement de SEO/BirdLife avec le PNSM adhère à l’esprit de BirdLife International, à savoir le travail pour les oiseaux et les hommes.
Les oiseaux constituent l’une des principales richesses du parc. Ce dernier renferme deux zones humides d’importance internationale accueillant des oiseaux reproducteurs et formant des aires essentielles sur les voies de migration de plusieurs espèces. Il s’agit de l’embouchure des oueds Souss et Massa qui donnent leur nom au Parc. Cependant, ce qui rend la région un paradis pour les ornithologues, c'est la présence de la dernière colonie viable en liberté de l’Ibis Chauve dans le monde. La conservation de cette espèce est l'un des principaux intérêts de SEO / BirdLife au Maroc.



  

Mais, essayer de conserver un espace naturel et un écosystème de secours pour sa population serait impossible et injuste. Par conséquent, SEO/BirdLife œuvre pour le renforcement des capacités de la population locale à travers des projets de coopération au développement. Grace à cela et en étroite collaboration avec l’administration du PNSM, les habitants du parc ont développé des capacités et des moyens d’exploitation plus rationnels, durables et rentables des ressources naturelles.




Dans ces projets de développement économique et humain on a contribué à perfectionner le tissu associatif local : améliorer les conditions des collectivités les plus défavorisées, en particulier les femmes, encourager les activités productives rentables respectueuses du milieu et améliorer le traitement et la commercialisation des produits de la mer.



Les principaux volets de coopération sont:
- La pêche artisannale
- Le ramassage de fruits de mer
- L'apiculture
- L'écotourisme

vendredi 15 avril 2011

Ramassage de fruits de mer dans le Parc National de Souss Massa

 La collecte et le traitement des moules est une tâche essentiellement pratiquée par les femmes. Cette tâche a été perfectionnée par une série d'activités visant à améliorer l'exploitation durable de cette ressource. 

Tout au long de la côte du PNSM existe une multitude de sites propices à la prolifération des moules, qui fait que la récolte, le traitement et la commercialisation sont devenu une activité traditionnelle. Cependant, en raison de la faible marge bénéficiaire, cette activité n'a jamais constituée une source majeure de revenus, hormis pour les femmes, particulièrement, si aucune autre source de subsistance n’est disponible.

On a donc décidé de promouvoir l’augmentation de la valeur ajouté du produit grâce à l'amélioration des conditions de traitement. Ainsi est née l'idée de créer une unité de traitement de fruits de mer sous la responsabilité de COFEPROMER, une coopérative de femmes mise en place dans le cadre d'un projet financé par l'AECI.




Là, les moules sont lavés, séchés et conditionnés de manière à ce qu’ils peuvent être conservés plus longtemps. Ce produit fabriqué est utilisé pour la préparation de tagines traditionnels dans la région du parc national.

mercredi 6 avril 2011

Les Ibis Chauves commencent leur nidification

Les Ibis Chauves de l’aire protégée de Souss-Massa ont commencé leur nidification.


Sur la photo, prise à la fin Février on voit  un adulte transportant en son bec des matières pour préparer le nid. Cette activité ainsi que la couvaison des œufs est assurée par les deux membres du couple.
Les colonies, installées dans les falaises au bord de la mer, sont très sensibles aux perturbations, étant donné que la chute d'un poussin du nid represente une morte certaine. 



Les falaises de la région sont composées de grès et de roches calcaires très glissantes. Les plates-formes formées par l’érosion éolienne et l’action de la mer, sont abondantes. Cette fragilité du substrat est aussi un risque pour les colonies, puisque les plates-formes peuvent s’éroder ce qui peut  réduire leur taille ou, éventuellement,  s’effondrer complètement.

En outre, toutes les plates-formes ne sont pas exploitées comme elles doivent être, loin des perturbations humaines. Cependant, la population locale ne manifeste, à l'heure actuelle, aucun mécontentement à l’encontre des Ibis Chauves et en plus de la coexistence séculaire, le respect de l’espèce s’est beaucoup amélioré car les gens commencent à mieux la connaitre et profitent des prestations du Parc National à travers les nombreux projets de conservation et de développement entrepris.

Évolution de la population des ibis chauves jusqu'à 2010

Durant les premiers recensements depuis les années 1980s, la population d'ibis chauve à Tamri et Souss-Massa avait un caractère très variable, mais avec une tendance négative. 



Dans le diagramme on n'a pas inclut certaines années pour lesquelles on manque des données pour un des deux des noyaux, Tamri ou Massa.
On peut signaler que, après la création du Parc National de Souss-Massa en 1991 (flèche bleue) l'évolution s'est inversée et la population a augmenté. 
Cette évolution s'est interrompue en 1996 (flèche rouge) a cause de la mort de 38 oiseaux adultes par cause inconnue.
Les niveaux de population ne se sont récupéré jusqu'à 2003. La tendance globale, même considérant la mortalité de 1996, est positive (ligne verte) ce qui montre une bonne résilience de la population. 

vendredi 25 mars 2011

L'observation des ibis chauves en liberté


Si vous voulez observer les Ibis chauves dans leur habitat naturel, n'essayez pas de rapprocher les colonies. Les gardiens les vigilent très bien pour éviter les dérangements. 

Pourtant, vous pouvez les observer à l'aise dans les environs de l'embouchure de l’oued Tamri. Veuillez vérifier comment des observateurs ont réalisé des vidéos dans les aires de gagnage





Tourisme durable au PNSM

Le PNSM est un lieu privilégié pour observer les oiseaux, dû à la fois, à la présence de zones humides d'importance internationale, à ses habitats steppiques et à la présence de la dernière population sauvage de l'Ibis Chauve.
La richesse ornithologique de la côte de Souss-Massa a fait de cette zone une référence pour tous les ornithologues en visite au Maroc.
Les embouchures du Souss et Massa sont des zones humides d'importance internationale et d'une grande beauté.


Les activités en relation avec l'écotourisme ont été menées avec le soutien de l'AECI, en particulier dans le fleuve Massa:

- Balises de routes
- Panneaux de signalisation
- Création de gites d’observation et de repos
- Formation et équipement de guides ornithologiques
- Formation et équipement d’accompagnateurs à dos d’âne.
- Publications, particulièrement, le miniguide des oiseaux du PNSM.

À l'heure actuelle il existe, donc, un ensemble de guides ainsi qu'une infrastructure appropriés pour garantir une expérience réussie pour les touristes internationaux à la recherche des valeurs naturelles de grande originalité et de richesse.




Apiculture au PNSM

Le miel est un ingrédient essentiel dans la pâtisserie marocaine et l’abeille est un animal respecté et apprécié.
L'apiculture est une activité de production très respectueuse de l'environnement parce qu’elle nécessite une certaine diversité de plantes et une absence de pesticides dans l'environnement. Au Maroc, le miel atteint des prix considérables, de sorte que, en plus, cette activité peut être très rentable dans le milieu rural.

Toutefois, les ruches traditionnelles ne permettent pas une bonne gestion des colonies, c’est pourquoi l'intégration des techniques modernes constitue un énorme progrès pour la reproduction des colonies, l'extraction du miel ou le traitement et la prévention des maladies.

Des ruches collectives ont étés crées et dont profitent la majorité des douars du parc. La création d'associations ou de coopératives d'apiculteurs est également une bonne base pour l'établissement du partenariat et de la participation dans les villages.
Les activités d’apiculture, développées par SEO/BirdLife dans le PNSM, avec le soutien de l'AECI ont toujours été incluses dans les projets de développement global.




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